archéologie expérimentale
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Perforer un objet. Comment ?

Perforer un objet … Comment ?

L’examen des perforations intentionnelles sur certaines pièces (objets de parure, aiguille en os…) permet de comprendre, grâce aux microtraces laissées par les outils, les techniques utilisées par les artisans de la Préhistoire. Les techniques de perforation sont nombreuses et varient suivant la dureté ou la fragilité des matériaux, du diamètre et de leur profondeur. Les reconstitutions expérimentales réalisées sur de l’os, du bois ou des coquillages, permettent d’en expliquer le fonctionnement et d’en souligner les avantages et les inconvénients.

 

Perforation par frottement ou usure - La partie convexe du coquillage est frottée sur une surface abrasive (fragment de grès) jusqu’à la perforation. Technique très identifiable, car tout autour de l’orifice obtenu, les traces de cette usure subsistent sous forme d’une plage lisse plus ou moins large. Cette méthode peut être utilisée pour l’os, la corne, le bois…

 

Perforation par rotation semi circulaire - Le perçoir en silex maintenu entre le pouce et l’index est mis en mouvement en le tournant alternativement de droite à gauche et de gauche à droite. La perforation se fait généralement par retournement.

 

Perforation par grattage - En utilisant l’extrémité distale d’un burin en silex, il est possible de faire de part et d’autre de la pièce une rainure profonde en enlevant de fins copeaux. A la rencontre de deux rainures, la perforation sera élargie et régularisée avec un perçoir en silex.

 

Perforation par incision - Lorsque la matière est fragile et peu épaisse, il est possible de la percer en effectuant une fine incision en utilisant l’arête d’une lamelle en silex comme une scie. Ensuite, l’orifice sera agrandi avec un perçoir.

 

Perforation par rotation circulaire - L’outil utilisé se compose d’une baguette à l’extrémité de laquelle est fixé dans un trou borgne, un foret en silex. Le corps de l’outil est maintenu par pression entre les deux paumes de chaque main et par déplacement de celles-ci on imprime à la baguette un mouvement circulaire. Avec un peu d’expérience, on arrive à faire tourner le foret sur lui-même trois fois dans un sens et trois fois dans l’autre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Perforation par rotation au moyen d’un archet 

 Ce système est une variante améliorée du précédent procédé utilisant un archet fait d’un arc en bois et d’une lanière de cuir pour la rotation. Le corps de l’outil est maintenu verticalement et entrainé par le lien de l’archet, que la main droite actionne d’avant en arrière. L’autre main appuie sur la partie supérieure de la baguette verticale, munie d’une paumelle qui la laisse libre de tourner sur elle-même.

 

 

Perforation par rotation circulaire suivant un mouvement de pompe 

Le corps de l’outil, comprenant un foret en silex maintenu à l’extrémité d’une tige lestée d’un volant d’inertie est mis en rotation par l’intermédiaire d’une cordelette fixée à une tige en bois horizontale. Au départ, la cordelette est enroulée autour du corps de l’outil, puis on exerce ensuite sur la tige horizontale une pression de haut en bas qui déroule la cordelette et met le corps de l’outil en rotation. Le mouvement se continue de lui-même si l’on poursuit l’opération de bas en haut. Ce procédé permet d’obtenir une vitesse de rotation régulière, sans à coup, et de bien contrôler la pression sur le foret.

 

 

Fig. (Dessin © J. Sainty)

 

 

 

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