archéologie expérimentale
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Il y a 7000 ans les premières maisons

Il y a 7000 ans les premières maisons

 

Il y a 7000 ans les premières maisons

L’une des toutes premières maisons expérimentales de type néolithique a été bâtie à Holtzheim (Alsace) par le Centre Expérimental de Préhistoire Alsaciennne. Il s’agit d’un bâtiment de 19 m de longueur pour 7 m de large qui restitue une dimension de la réalité préhistorique difficile à reconstituer mentalement à partir de simples maquettes. La construction de ce bâtiment a livré une mine de renseignements sur les aspects techniques de l’architecture du Néolithique Ancien.

En septembre 1984, Holtzheim a connu une expérience unique dans l’Est : la construction expérimentale d’une maison néolithique d’après les données livrées par la fouille du site rubané de Reichstett. Elle avait pour but de retrouver les techniques employées par les Néolithiques pour une telle construction, de tester les matériaux et de voir la durée nécessaire pour mener à bien  les diverses opérations. A plus long terme, pourra également être testée l’habitabilité de l’espace intérieur ainsi que la longévité des matériaux. Le déroulement chronologique depuis le creusement la des premiers trous de poteaux jusqu’à la mise en place de la toiture s’est effectué comme suit ;

 

Le creusement des trous de poteaux et la mise en place des poteaux.

Le plan de la maison a été matérialisé au sol par des piquets et des ficelles ; c’est un plan rectangulaire de 7 m de large sur 20 m de long. L’orientation choisie est Nord-Sud à cause de la configuration du terrain.

Le sous-sol constitué de sables et de graviers alluvionnaires, est facile à travailler. Les trous de poteaux centraux mesurent 1,20 m de diamètre pour la même dimension en profondeur. Les trous de poteaux latéraux sont un peu moins grands et un peu moins profonds : 1 m de diamètre pour 0,90 m de profondeur. Quarante poteaux ont été dressés, fichés dans ces excavations, puis calés avec du sable et des graviers, eux-mêmes damés avec de l’eau ; ces poteaux constituent l’ossature principale de la maison. Pour former les parois latérales, des piquets plus petits ont été placés entre les poteaux principaux. ; ils sont destinés à former des parois solides et à recevoir l’entrelacs de branchages. Au total 96 poteaux ont été plantés ; ce travail a demandé une semaine entière.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’entrelacs de branchages

Des branches de saule, de noisetier et de peuplier, ont été récoltées en abondance dans la proche région. Une semaine a été nécessaire pour tisser l’entrelacs et confectionner les parois latérales en entrecroisant les branches entre les piquets de la cloison externe. Cet entrelacs assure la solidité et la cohésion des parois et va recevoir plus tard, le torchis.

 

 

La mise en place de la charpente

Au sommet des poteaux avaient été pratiquées des entailles en V. Dans ces entailles sur les cinq séries de poteaux verticaux , ont été placés à l’horizontale des troncs, sorte de poutres non équarris Le système retenu est le système dit en T : des traverses perpendiculaires aux troncs sont mises en place dans le sens des pentes du toit et fixées par des brêlages en ficelle.

 

 

La récolte des roseaux et la mise en place des bottes sur le toit

La récolte des roseaux a été menée parallèlement aux travaux de charpente. C’est là sans conteste le travail le plus long car des milliers de bottes sont nécessaires, représentant au moins deux tonnes de matériau. Chaque botte se compose de 15 à 20 tiges de roseaux liées à la base. Ces bottes sont ensuite placées sur le toit et assemblées de façon très serrée.  Elles se recouvrent des deux tiers afin de former un ensemble bien étanche. Ce travail est Lorsque la ce est atteinte, bonne consistanextrêmement long : la réalisation du quart du toit (5 m de long) sur les deux versants a demandé deux semaines de travail ininterrompu. Le faitage est isolé par une épaisse couche d’argile qui empêche le pourrissement des roseaux.

 

 

 

Le torchis

Il est confectionné dans de grandes fosses creusées le long des parois de la maison. Un mélange de sable, d’argile, de paille et d’eau est longuement foulé aux pieds pour le malaxer et le rendre parfaitement homogène. Lorsque la bonne consistance est atteinte, on l’applique sur le clayonnage de branches afin de constituer une paroi de 15 à 20 cm d’épaisseur. Une seconde couche, plus fine, est appliquée après séchage pour combler les craquelures apparues alors. Si le malaxage du torchis demande un temps assez long, son application est par contre rapide et facile.

 

 

 

 

 

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